La chèvre angora et le mohair

Originaire des contreforts de l’Himalaya, la chèvre angora fut amenée en Asie mineure par les peuplades turkmènes lors de leur lente migration vers l’ouest, particulièrement dans la région d’Ankara (anciennement Angora), dans l’actuelle Turquie, d’où le nom de « chèvre angora ».

L’animal était si précieux et sa toison si luxueuse que, pendant des siècles, les sultans de l’Empire ottoman en interdirent, sous peine de mort, l’exportation. Au début du XIXe siècle cependant quelques sujets parvinrent en Afrique du Sud et, vers 1850, au Texas (cadeau du sultan de l’époque à un médecin texan qui avait réussi à guérir son fils). Au Québec, les premières chèvres angoras (dix femelles, dont une gestante, et deux mâles) arrivèrent en février 1976, importées du Texas par Mme Margrit Multhaupt, de Valcourt.

Aujourd’hui, les pays qui comptent le plus grand nombre de chèvres angoras sont l’Afrique du Sud, le Texas, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Il s’en trouve également dans plusieurs autres régions du monde : en France, en Angleterre, au Danemark, etc. Au Québec, une vingtaine d’éleveurs se partagent actuellement un cheptel total d’environ mille têtes (des sujets de lignées texanes et sud-africaines).

La chèvre angora produit le mohair, une fibre naturelle douce, légère, soyeuse, lustrée, résistante et plus chaude que la laine. Ne pas confondre le mohair et la laine (produite par le mouton), ni le mohair et l’angora (produit par le lapin angora).

Quelques éleveurs québécois transforment eux-mêmes le mohair de leurs chèvres et produisent de magnifiques vêtements : chandails, châles, foulards, tuques, mitaines, bas, couvertures, jetés, etc.

Pour en savoir plus sur l’élevage de la chèvre angora et la transformation du mohair, il est conseillé de consulter les deux documents suivants : « Élevage de la chèvre angora - La chèvre du Québec (Démarrage et développement d’une entreprise de production et de transformation du mohair » (auteur : Régis Pilote, 2011) et « Transformation du mohair », disponibles en ligne sur les sites du Syndicat des producteurs de chèvres du Québec et de l’Association des éleveurs de chèvres angoras pur-sang du Québec (www.chevreduquebec.com et www.chevreangora.com).

La chèvre angora

Estampes du XVIIIe siècle